« Le « flow » de Vincent aux Hospitaliers à Nant (12)

Ma revanche sur les Hospitaliers !

Petit flashback 2 ans en arrière…
Octobre 2015, après une intense préparation avec les copains du SMA je me sens prêt pour affronter ces 75km du trail des Hospitaliers. Mais 10 jours avant patatras, un petit virus se glisse subitement dans mon corps et je file aux urgences et ma course s’envole… Péricardite puis pleurésie, je suis cloué au lit.
Cette année la préparation a été bien différente mais tout aussi bien menée. Un bon volume de km et de dénivelé sur les chemins, quelques séances de seuil sur la piste. Pas de séance de trop, pas de blessure, pas de fatigue excessive, un petit break de 10 jours avant la course et je me sens au top, remonté comme jamais !
Et nous y voilà : dans le sas de départ place du clos à Nant (12), 4h45 du matin avec les copains : Thierry, Stéphane, Pierre, Philippe, Bruno et les 2 Christophe. De l’autre côté de la barrière mon assistant de choc Thierry ainsi que Thomas et Sophie sont venus nous donner les derniers encouragements nécessaires. La musique monte tranquillement, le feu d’artifice, le coup de fusil, et c’est parti !
Départ tranquille comme prévu en fin de paquet avec Stéphane Philippe et Bruno, on se retrouve quasiment derniers après 2km, on tchatche, on est tranquilles, en est bien. Vers le 6ème km le moteur est bien chaud, au profit d’une petite descente je commence à mettre la machine en route, je laisse les copains et je commence à doubler du monde (ce sera la tendance du jour : doubler, toujours doubler). Je rattrape et laisse Christophe qui part prudent et ne veut pas s’emballer. Premières lueurs du jour sur le causse, l’horizon est rouge, c’est magnifique, je profite en gérant mon effort, je déroule sans forcer.
Premier ravito à Sauclières, mon super assistant et là pour me donner mes flasques pleines et m’encourager, je suis dans mes temps prévus, je ne m’attarde pas et je file. Je continue à doubler tout en restant à une allure de gestion. Passage à St Jean du Bruel dans les temps, je pointe en 351ème position. Je sors les bâtons et c’est parti pour le St Guiral ! Beaucoup de relances dans cette longue ascension irrégulière. Je double toujours du monde. Petit ravitaillement à la croix des prisonniers, Christophe me rattrape et on repart ensemble. Quand la pente se fait plus raide il a du mal, je le laisse après quelques km pour continuer ma remontée tranquille. Tout se passe à merveille, je me sens facile. Passage au sommet en j’entame la longue descente vers Dourbies. Je rattrape encore du monde, surtout au niveau d’un mur bien raide où beaucoup peinent, puis je déroule jusqu’au ravito. Km44, superbe arrivée dans le village, plein de monde, ça fait du bien ! Les jambes comment à tirer un peu quand même, petite pointe d’inquiétude… 6h25 de course, 292ème position.
Thierry rempli encore son rôle à merveille au ravito, c’est une aide vraiment précieuse, j’ai à me soucier de rien : je dis ce dont j’ai envie et me le voilà servi ! Je me change et je repars sans trop m’attarder, en marchant tout en mangeant ma portion de pommes de terre et viande des grisons. Je me laisse doubler tout en mangeant, puis je reprends mon petit rythme et je rattrape plein de gens. Je reste tranquille avec quelques autres coureurs dans la descente vers Trèves, c’est bien casse-gueule, pas de prise de risque inutile, la route est encore longue.
Peu avant Trèves je relance sur le plat, et là je comprends pas : plus aucune douleur dans les jambes, elles sont légères et répondent parfaitement ! Un petit coucou à Francesca et Paul et me voilà au ravito. 8h15, 276ème.
Petite pause et comme à Dourbies je repars en marchant en dégustant mes patates ! Beaucoup me doublent mais dès que je m’y remets je les reprends un par un, je me sens dans une forme incroyable. Je double sans arrêt, puis arrive la belle bosse vers le causse et là pareil, je suis facile et je reprends beaucoup de coureurs. Puis sur le plateau je me sens capable alors je déroule, j’envoie ce que j’ai dans les jambes, je profite de ce regain de forme inattendu. Descente sur Cantobre, plusieurs coureurs repris, puis arrive la terrible montée vers le village avec ses cordes et la sortie par le trou. Ça passe tranquille, je repars à fond vers le dernier ravito. Thierry n’en croit pas ses yeux de me voir arriver si frais et en avance : 10h50 de course, 234ème. Je m’arrête à peine, je ne veux pas casser mon élan. Je prends les gourdes pleines, deux morceaux de banane et c’est reparti.
Je connais cette dernière montée par cœur, je double encore du monde puis pareil dans la descente assez technique vers l’arrivée. J’entends même une spectatrice me dire : « Quelle foulée, c’est génial, bravo ! » Je suis aux anges :-D
J’aperçois un coureur, je sais que je vais le rattraper, c’est incroyable. Et voilà la ligne, les applaudissements, c’est génial. Je finis en sprint et même si je suis bien loin du vainqueur du jour, je ne peux m’empêcher de lever les bras tellement je suis content de ce que j’ai fait. 192ème, 12h04 à la montre, 30 minutes de mieux que mes plus folles estimations ! Et tous les copains ont fait une superbe course, je suis ravi.

 Ce que j’ai ressenti sur cette fin de course est je crois assez rare, et ça porte un nom : « Le « flow » c’est cette sensation rare quand en plein effort, le coureur se sent parfaitement bien, à la fois relaxé et puissant. C’est un état d’équilibre parfait entre les exigences de la situation et le potentiel développé par l’athlète. » Cette définition résume bien les sensations que j’ai eue. Si vous avez la chance de le croiser, profitez-en, c’est exceptionnel !

Vincent M.